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Pratiques de gratitude pour le personnel de la sécurité publique

Pratiquer la gratitude aide le personnel de sécurité publique à réduire le stress, renforcer la résilience et améliorer le bien-être mental en favorisant la pensée positive et des liens sociaux plus solides.

Dans le monde à haute pression de la sécurité publique, où les interventions d’urgence peuvent faire la différence entre la vie et la mort, le fardeau psychologique peut être accablant. Dans ces rôles, il est essentiel d’utiliser des outils comme la gratitude, qui peuvent aider à contrebalancer le poids des stresseurs quotidiens. Bien que cela puisse sembler simple, voire déconnecté des exigences du métier, la gratitude joue un rôle important et scientifiquement reconnu dans l’amélioration de la résilience, du bien-être mental et de la qualité de vie.

Qu’est-ce que la gratitude ?

La gratitude est une pratique qui consiste à reconnaître et à apprécier les aspects positifs de notre vie, en particulier face à l’adversité. Elle implique de porter attention aux éléments positifs que nous négligeons souvent : les relations, les petites victoires, les plaisirs simples, les gestes de gentillesse ou simplement les moments de paix. Sur le plan psychologique, la gratitude est à la fois une émotion et une attitude qui améliore notre bien-être en déplaçant notre attention de ce qui manque vers ce qui est présent et significatif.

Les recherches sont convaincantes : exprimer régulièrement de la gratitude peut réduire les symptômes de dépression et d’anxiété, améliorer la satisfaction de vie et favoriser des expériences émotionnelles positives. Pour le personnel de la sécurité publique, la gratitude agit comme un bouclier contre l’épuisement professionnel et le stress chronique.

Comment la gratitude aide à gérer le stress opérationnel

Les blessures de stress opérationnel (BSO) surviennent lorsque l’exposition constante à des événements traumatisants entraîne une accumulation de stress qui submerge le corps et l’esprit. Si elles ne sont pas prises en charge, elles peuvent mener à des troubles de santé mentale à long terme comme le trouble de stress post-traumatique (TSPT), la dépression ou l’anxiété.

La gratitude peut être un outil précieux pour prévenir et gérer ces blessures, et ce, pour plusieurs raisons :

  • Contrecarre les pensées nuisibles : Les BSO s’accompagnent souvent de cycles de pensées négatives (ruminations, culpabilité et impuissance). La gratitude redirige intentionnellement l’attention vers des pensées, des affirmations et des expériences positives, adaptatives et utiles, ce qui aide à briser le cycle de stress afin de permettre à la personne de prendre du recul et d’être moins réactive sur le plan émotionnel.

  • Renforce la résilience émotionnelle : Une pratique régulière de la gratitude favorise l’espoir et le sentiment de connexion. Les membres du personnel de la sécurité publique sont fréquemment exposés à des situations mettant leur vie en danger, ce qui peut miner leur confiance en soi et leur résilience au stress. La gratitude aide à reconstituer les réserves émotionnelles nécessaires pour faire face aux futurs stresseurs.

  • Renforce les liens sociaux : Travaillant souvent en équipes soudées et comptant les uns sur les autres dans des situations de haute pression, les membres du personnel de la sécurité publique bénéficient de la gratitude pour renforcer l’appréciation mutuelle et les liens sociaux, essentiels pour contrer l’isolement qui peut résulter de problèmes de santé mentale, en agissant comme une protection émotionnelle durant les moments difficiles.

  • Améliore le bien-être global : Pratiquée régulièrement, la gratitude peut améliorer l’humeur et réduire l’anxiété et les niveaux de cortisol (l’hormone du stress), favorisant ainsi un meilleur sommeil, une amélioration des fonctions cognitives et une vision plus positive de la vie, trois éléments essentiels au maintien de la santé mentale dans une profession exigeante.

 

Stratégies pratiques pour cultiver la gratitude

Adopter une pratique de gratitude ne demande pas beaucoup de temps ni une disposition naturelle à la reconnaissance. La clé est la régularité. Voici quelques stratégies :

  1. Tenir un journal de gratitude : Chaque jour, notez trois choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant. Cela peut être aussi simple qu’un bon café, une pause au grand air, un moment de calme après un quart chaotique, un instant de contemplation de la nature ou un geste de soutien d’un collègue. Les recherches montrent que même de petites expressions quotidiennes de gratitude peuvent mener à des améliorations importantes de la santé mentale au fil du temps.

  2. Rédiger des lettres de gratitude : Écrivez une lettre (ou un message par courriel ou par texto) à quelqu’un qui a eu un impact positif sur votre vie, comme un collègue, un superviseur, un ami ou un membre de la famille. Même brève, cette expression sincère peut renforcer les liens et approfondir le sentiment de reconnaissance.

  3. Rechercher les « lueurs » en plus de repérer les déclencheurs : Les déclencheurs, c’est-à-dire les choses qui provoquent de fortes réactions pénibles dans le cadre d’événements traumatisants, sont généralement très évidents et percutants sur le moment. Chez le personnel de la sécurité publique atteint d’une BSO, il arrive souvent que des situations, des sons, des gens, des lieux, des images, des souvenirs, des pensées et des émotions déclenchent des réactions semblables. À l’opposé, les « lueurs » sont de petits moments de contentement, de bonheur, de paix, de gratitude ou de sécurité. Elles peuvent surgir d’un geste banal : caresser un animal, écouter une chanson aimée, sentir l’air frais ou savourer un bon repas. Le terme anglais « glimmers » a été introduit par Deb Dana, une travailleuse sociale clinique agréée, et on parle de « lueurs » dans la version française de son livre, La théorie polyvagale en thérapie (2018). Lorsqu’on y est attentif, on s’aperçoit que les « lueurs » sont partout. Tout le monde en fait l’expérience différemment ; cependant, elles évoquent chez chacun des sentiments positifs et stimulent le système nerveux parasympathique, favorisant ainsi le calme et la relaxation. Remarquer les lueurs est une excellente façon de pratiquer la gratitude en étant reconnaissant et en savourant les petits plaisirs de la vie quotidienne.

  4. Pratiquer la gratitude en pleine conscience : Lors de pauses (avant/après un quart ou entre deux appels), prenez quelques inspirations profondes et concentrez-vous sur ce pour quoi vous êtes reconnaissant dans l’instant présent. Il peut s’agir du simple fait de respirer, de l’occasion d’aider les autres ou du soutien que vous recevez de votre famille. Les applications de méditation de pleine conscience ou les exercices de respiration guidés peuvent vous être utiles.

  5. Établir des rituels de gratitude en équipe : Intégrez un moment de partage de gratitude dans les réunions ou bilans quotidiens ou hebdomadaires. Cela favorise un climat positif, un environnement de soutien et une culture de résilience.

  6. Reformuler les événements fortement stressants : Face à une situation difficile, au lieu de ressasser ce qui n’a pas bien été, demandez-vous : Qu’ai-je appris ? Qu’est-ce que j’ai accompli ? Qu’est-ce qui s’est bien passé ? De quoi puis-je être reconnaissant ? Même dans les moments les plus éprouvants, il y a souvent un aspect positif à reconnaître, que ce soit du développement personnel, l’occasion de servir autrui ou le sens de la coopération.

La gratitude est un outil simple mais puissant pour gérer les blessures de stress opérationnel et maintenir le bien-être mental du personnel de la sécurité publique. En cultivant une pratique quotidienne de gratitude, vous pouvez réduire l’impact du stress, renforcer votre résilience émotionnelle et améliorer votre qualité de vie.

N’oubliez pas : vous n’êtes pas seul. Des ressources et des réseaux de soutien existent pour vous accompagner. En intégrant la gratitude à votre quotidien et en accédant aux bons outils, vous pouvez non seulement survivre, mais aussi vous épanouir dans ce métier exigeant mais profondément valorisant.

Prenez soin de vous, restez en sécurité et n’oubliez pas d’apprécier les petits moments de paix au cœur du chaos.

Ressources de soutien en Ontario

La gratitude est un outil utile pour renforcer la résilience, mais il est important de se rappeler qu’elle ne constitue qu’un aspect de la santé mentale globale. Si vous présentez des signes de blessure de stress opérationnel (BSO), des ressources sont disponibles pour vous soutenir en Ontario :

Wounded Warriors Canada : Cette organisation offre divers services aux premiers répondants et aux anciens combattants confrontés au TSPT et aux blessures de stress opérationnel. Elle propose du soutien par les pairs, des programmes de santé mentale et d’autres ressources de soutien. Wounded Warriors Canada

PSP Net : Cette organisation propose différentes ressources thérapeutiques, y compris des cours autoguidés ou accompagnés par un thérapeute, ainsi que des outils pratiques pour les membres du PSP et leurs familles. PSPNET

Références

Dana, D. (2018). La théorie polyvagale en thérapie : engager le rythme de la régulation. Éditions SATAS.

Diniz, G., Korkes, L., Tristão, L. S., Pelegrini, R., Bellodi, P. L., & Bernardo, W. M. (2023). « The effects of gratitude interventions: a systematic review and meta-analysis » [Les effets des interventions de gratitude : un examen systématique et une méta-analyse]. Einstein (Sao Paulo, Brazil)21, eRW0371. https://doi.org/10.31744/einstein_journal/2023RW0371

Emmons, R.A., & McCullough, M.E. (2003). « Counting Blessings Versus Burdens: an experimental investigation of gratitude and subjective well-being in daily life » [Mesurer les bienfaits plutôt que les fardeaux : une enquête expérimentale sur la gratitude et le bien-être subjectif dans la vie quotidienne]. Journal of Personality and Social Psychology, 84(2), 377-389. DOI: 10.1037/0022-3514.84.2.377