Pour la navigation sur le site ou l'assistance : Appeler le 1-833-866-9929

FR_Resilience - Roger Federer

Discours de collation des grades 2024 de Roger Federer | Dartmouth https://home.dartmouth.edu/news/2024/06/2024-commencement-address-roger-federer#modal

La résilience : se relever après une chute

Pouvez-vous deviner le pourcentage de points remportés par Roger Federer, considéré comme l’un des plus grands joueurs de tennis de tous les temps? Croiriez-vous qu’il n’a remporté qu’environ 54 % des points disputés au cours de sa carrière? Cela peut sembler surprenant, mais c’est ce qu’il a partagé lors d’un discours prononcé devant les finissant.e.s du Dartmouth College en 2024.

Il expliquait que, même en ayant remporté près de 80 % de ses matchs, cela signifiait aussi qu’il perdait presque un point sur deux. Pourtant, il ne s’attardait pas au point précédent. Il se recentrait rapidement sur le suivant. « Chaque point mérite toute votre attention, comme s’il était le plus important du match — parce qu’à ce moment-là, il l’est réellement. Mais une fois terminé, il faut être capable de le laisser derrière soi. C’est cette capacité qui nous permet d’aborder le point suivant avec présence, intensité et concentration. »Cette façon de penser nous offre une puissante leçon sur la résilience.

À un moment ou un autre, nous vivrons tous des échecs. Après tout, peut-on réellement évoluer sans prendre de risques? Même si jouer de façon prudente peut nous protéger d’un inconfort immédiat, éviter les défis nous prive aussi d’occasions d’apprendre, de grandir et de progresser.

La résilience ne signifie pas éviter l’échec. C’est plutôt la capacité de traverser le stress et l’adversité, puis d’en tirer des apprentissages qui nous permettent d’avancer et de nous développer.Pensez à un moment où vous avez appris une nouvelle compétence — faire du vélo, essayer un nouveau sport, débuter un passe-temps ou apprendre un instrument. Étiez-vous parfait.e dès le départ? Bien sûr que non. Il y a probablement eu des erreurs, des hésitations, des chutes ou de mauvaises notes. Pourtant, ce sont justement ces moments qui permettent d’apprendre et de progresser. Si vous aviez abandonné après le premier échec ou la première difficulté, vous n’auriez jamais eu la chance de développer cette compétence avec le temps.L’« échec » peut être très difficile à vivre. Personne ne veut échouer. Mais pour revenir à Federer : s’il avait quitté le terrain après quelques mauvais coups, il ne serait pas devenu le joueur que nous connaissons aujourd’hui :

« …quand on perd un point sur deux en moyenne, on apprend à ne pas s’attarder à chaque coup. »

Accepter et apprendre de ce qu’on perçoit comme des échecs ne veut pas dire minimiser les erreurs qu’on fait ni leur impact sur les autres. Cela fonctionne seulement si nous assumons notre responsabilité face à la situation et que nous apprenons réellement de celle-ci. À quoi cela peut-il ressembler? 

Permettez-vous de ressentir vos émotions.

Vous sentez-vous embarrassé.e? En colère? Triste? Déçu.e? Vous avez le droit de ressentir ce que vous ressentez. Reconnaissez vos émotions. Ressentez-les. 

Prenez le temps et l’espace nécessaires pour réfléchir à vos réactions.

Il se peut aussi que vous ayez besoin de temps pour comprendre ce que vous ressentez et mettre des mots sur ce que vous vivez.. 

Faites preuve d’introspection.

Soyez honnête envers vous-même. Parfois, la personne la plus difficile à affronter avec honnêteté, c’est soi-même.

Allez en profondeur : qu’est-ce qui a mené à la situation? Quelles pensées et quelles interprétations ont influencé vos réactions?

Quel était le résultat souhaité? Est-ce que le résultat obtenu correspondait à votre intention? Comment les autres pourraient-ils interpréter vos paroles ou vos actions?

De bonnes intentions ne se traduisent pas toujours par les actions que nous posons. 

Si cela s’applique, demandez une rétroaction constructive aux personnes présentes et/ou à des personnes qui vous connaissent bien.

L’important dans cette étape est d’être ouvert.e à la rétroaction. Les encouragements et la validation font du bien, mais ils ne nous aident pas toujours à grandir. Êtes-vous capable d’entendre — vraiment entendre — ce que les autres vous disent? o

Recevoir de la rétroaction est particulièrement difficile si vous n’avez pas pris le temps de réfléchir à vos propres réactions. 

Qu’est-ce que cette situation peut vous apprendre?

Que feriez-vous différemment si une situation semblable se reproduisait?

Reconnaissez l’impact de la situation sur les autres et, au besoin, posez des gestes pour réparer la situation.

L’échec n’est pas un jugement sur notre valeur ou nos capacités — il ne définit pas qui nous sommes. Les échecs et les revers font partie intégrante du processus qui nous permet de devenir de meilleures personnes, plus sages et plus compétentes. Nous pouvons regretter le passé, mais nous ne pouvons pas le changer — nous pouvons seulement apprendre et grandir à partir de celui-ci.

La résilience nous permet de nous relever après une chute, en avançant avec les leçons apprises plutôt qu’avec le poids de l’erreur, et de continuer à progresser, un point, un pas à la fois